WINTERREISE

Création 2017 

Texte : Fredrik Brattberg  

Traduit du norvégien par Terje Sinding

Mise en scène et scénographie : Tommy Milliot

Avec : Louise Dupuis, Michèle Gurtner, Matthias Hejnar
Dramaturgie : Sarah Cillaire

Lumière et régie générale : Sarah Marcotte 

Son : Gaëlle Hispard et Aurélie Granier

Assistante : Marie Cousseau

Construction : Jeff Garraud

Photos : Alain Fonteray 

Production : Man Haast. 

Coproduction : La Rose des Vents - Scène nationale, Pôle Arts de la scène - Friche la Belle de Mai, Festival Actoral - Marseille

Avec le soutien de Montévidéo - Créations contemporaines, du CENTQUATRE - PARIS, du Théâtre de Vanves - scène conventionnée pour la danse, du Théâtre Paris Villette et de la SPEDIDAM. L'Arche est agent théâtrale du texte représenté. Texte traduit avec le soutien de la Maison Antoine Vitez, Centre international de la traduction théâtrale.

Alfred et Anne sont un jeune couple. Anne vient d’accoucher d’une petite fille. À peine sortie de l’hôpital, la jeune femme doit y retourner pour une visite de contrôle. Resté seul avec le bébé, Alfred s’absente du domicile le temps de faire une course. Passant à l’improviste, la tante du bébé découvre alors le nourrisson dans son berceau, laissé sans surveillance.

Prolongeant son exploration des écritures contemporaines, la compagnie  travaille en 2017 sur la pièce de l'auteur et compositeur norvégien Fredrik Brattberg (prix Ibsen 2012), WINTERREISE  (traduite par Terje Sinding avec le soutien de la Maison Antoine Vitez). De fait, la question de la parentalité et plus largement des rapports familiaux, déjà présente dans les créations précédentes de Man Haast, est au centre de Voyage d’hiver. Un couple voit apparaître l’objet désiré – l’enfant. Très vite, l’émotion suscitée par la naissance d’un être encore inconnu fait place à des sentiments ambivalents porteurs d’angoisse. Un désir de fuite, d’abandon ou de mort s’empare tour à tour des jeunes parents sans qu’ils parviennent jamais à exprimer leurs sentiments. Dans Voyage d’hiver, la force du langage réside justement dans « l’incapacité de dire » des personnages. C’est ce vide que nous choisissons de questionner. Ici, il est double. L’écriture de Fredrik Brattberg, concise, faussement naïve, nous plonge avec une remarquable économie de moyens dans un univers tragi-comique où des parents échouent à accueillir l’enfant qui vient de naître. Voyage d’hiver offre des possibilités scéniques considérables : la scène pourrait être une chambre d’enfant, un wagon de train, un hôpital, un parking… La scène restera finalement un lieu de projection, le vide d’une boîte lumineuse qui révèle des personnages tourmentés par leurs peurs. Un espace où chaque mot, chaque geste est nécessaire mais où l’imaginaire peut se déployer librement. Le décor, ce sera la présence ou l’absence de la lumière qui mène le public au-delà des limites du réel et du temps. Le son viendra briser la stérilité apparente de l’ensemble pour ramener le spectateur à un univers familier : celui des pleurs de l’enfant. Chez Brattberg, la simplicité des situations est contrebalancée par une structure dramatique ciselée, basée sur des répétitions et des variations qui font peu à peu déraper le réel. L’humour noir de l’auteur participe de ce dévoilement progressif des dysfonctionnements humains où le quotidien devient autant source de rire que motif d’angoisse.