La compagnie MAN HAAST s’attache à l’exploration des dramaturgies contemporaines. Ces dramaturgies sont généralement associées à des textes contemporains, mais elles ne s’y limitent pas. C’est dans la perception de l’espace scénique, dans l’approche du texte et du jeu que se mettent en œuvre et se déploient de telles dramaturgies. Au fil de ses créations, la compagnie Man Haast continue à approfondir sa vision et sa méthode de travail.

Cette approche place l’écriture au centre du processus de création. Que ce soit le Norvégien Fredrik Brattberg, l’Américaine Naomi Wallace ou, plus récemment, la Catalane Lluisa Cunillé, nous privilégions les auteurs qui s’attachent au rythme des mots et à leur sonorité. La mise en valeur de la langue portée sur scène constitue un enjeu majeur pour chaque projet, au moins autant que le propos de la pièce. Dès que cela est possible, ce travail sur les mots est mené directement avec l’auteur.trice ou avec son traducteur.trice. Il est indissociable de l’autre versant du processus de création, sa part plastique, qui naît d’abord du rapport à l’espace auquel s’adjoindront la lumière et le son. Il s’agit à chaque fois de chercher à densifier des formes scéniques simples. L’espace, au lieu de « vide » comme on le qualifie parfois, est abstrait, suggestif. S’affranchissant de tout diktat réaliste, il donne à voir « la possibilité » d’une chambre, d’un sous-sol, d’un hall d’hôtel… Cette dramaturgie et la recherche plastique du dispositif s’effectuent en amont. La construction de l’espace se fait petit à petit, sans jamais venir se plaquer sur l’écriture, mais en l’accompagnant. L’espace doit demeurer une surface de projection pour le spectateur, tout le reste étant pris en charge par l’écriture.